En 2019, le coworking se met au vert

L’année dernière, on pouvait lire un peu partout dans les médias que le coworking est en plein essor en France. A priori, c’est bien parti pour durer ! Si le phénomène est à l’origine urbain, touchant davantage les publics des métropoles, de plus en plus d’espaces de coworking fleurissent également dans les communes de petites tailles ainsi qu’en milieu rural. Alors que le marché arrive à saturation dans les grandes villes, c’est désormais à un échelon territorial que se jouent les nouveaux enjeux en termes d’organisation du travail.

Le Printemps du coworking

Ce jeudi 21 mars 2019, le réseau Actipole21 et Néo-Nomade organisent une journée nationale intitulée « La France aime le coworking » . A partir de 17h, on pourra suivre en ligne et en direct sur le site coworkinfrance.fr une table-ronde autour de la thématique des nouveaux modes de travail, laquelle donnera la parole à des responsables d’entreprises et de collectivités.

La France aime le Coworking 2019, un événement national organisé par Actipole21 et Néo-Nomade

Un coup de projecteur qui me donne l’occasion de faire le point sur cette pratique, à la lumière de ma propre expérience.

Du télétravail au coworking, accompagner la mobilité des travailleurs

On le sait tous, il est désormais loin le modèle du travailleur salarié dont le lieu de travail se trouve sur la même commune que son lieu de résidence et qui occupera peu ou prou le même poste pendant la majeure partie de sa vie ! Les trajectoires professionnelles sont de moins en moins linéaires, les lieux et modalités de travail ont bien changé et continuent d’évoluer.

A titre personnel, j’ai travaillé pendant 6 ans à Poitiers, alors que j’habitais à Angoulême. Je faisais les aller-retour en TER et rejoignait mon bureau à pieds. Mis bout à bout, mon temps de transport quotidien avoisinait les 3 heures. Enfin, ça, c’est quand tout allait bien, c’est à dire qu’il n’y avait pas de panne, ni de grève SNCF ou que les conditions météo permettaient d’arriver à l’heure !

Dès la signature de mon CDI, j’ai pu bénéficier d’un jour hebdomadaire de télétravail. Un aménagement qui a considérablement amélioré mon confort de vie. J’appréciais énormément cette petite « bulle » pour travailler à la maison, qui me permettait sur certains aspects de gagner en productivité puisque je n’étais plus dérangée par le téléphone ou les bavardages intempestifs de certains collègues (que je salue au passage 😉 ) Je regrettais parfois de n’avoir droit qu’à un seul jour par semaine !

Nous étions ainsi plusieurs dizaines de « comuters » comme disent les Anglais, c’est à dire des travailleurs contraints de parcourir de grandes distances quotidiennes en transports en commun pour se rendre sur leur lieu de travail… Ces trajets en train journaliers nous ont aussi permis de nouer des liens et nous organisions même des temps conviviaux plus ou moins arrosés (oui, pour l’anecdote, nous avons même été jusqu’à ouvrir des huîtres dans le TER pour notre apéro de Noël, sous l’œil inquiet du contrôleur, #truestory ! ) Bref, nous étions une petite communauté. Et je me suis souvent fait la réflexion que nous aurions été des clients parfaits pour un tiers-lieu.

Un lieu entre la maison et le bureau

Selon sa définition la plus simple, le tiers-lieu, c’est ce lieu alternatif qui se trouve entre le domicile et le bureau traditionnel chez son employeur, le fameux « troisième lieu ». C’est la raison pour laquelle on voit utiliser le terme « tiers-lieu » pour désigner un espace de coworking. Une vision certes un peu réductrice, mais nous aurons l’occasion de développer ce point dans un autre article. La différence entre un tiers-lieu et un « simple » espace de coworking c’est justement la notion de communauté que j’évoquais plus haut.

La base du tiers-lieu c’est une sorte d’éco-système avec une gouvernance partagée, où se retrouvent les membres d’une communauté autour de valeurs communes, dans un environnement agréable, où il fait bon travailler, qui est propice à la fois à la concentration mais aussi à la convivialité, avec du matériel mutualisé et une souplesse tarifaire permettant une réelle économie.

En 2018, on estimait à 700 le nombre d’espaces de coworking (qu’ils soient ou non des tiers-lieux) et on note surtout leur inégale répartition sur le territoire national. Pour Actipole21 et Néo-Nomade, on serait déjà à 1000 en ce début 2019. Et il y a fort à parier que de nombreux vont encore ouvrir d’ici la fin de l’année !

Pour le développement des tiers-lieux et espaces de coworking dans les territoires

L’implantation de tels espaces constitue un véritable enjeu de revitalisation des territoires de faible densité de population et de revalorisation des centre-bourgs. Trop souvent délaissés, on y trouve du bâti ancien en déshérence, en attente de seconde vie, ainsi qu’une réelle attente de la part des habitants.

Les autorités locales commencent aujourd’hui à bien prendre la mesure de cette attente ainsi que de l’effet levier des espaces de travail collaboratifs. Les collectivités territoriales sont de plus en plus nombreuses à s’engager dans l’accompagnement de tiers-lieux sur leur périmètre d’action.

Ainsi, comme on peut le lire sur le site Laboratoire Société Numérique dans un article de mars 2018 :

« Selon une étude réalisée pour le compte de l’Assemblée des Communautés de France (AdCF) et de l’Association des Directeurs Généraux des Communautés de France (ADGCF), 88% des intercommunalités envisagent de développer de nouveaux espaces de travail collaboratifs. Alors qu’elles ont plutôt soutenu dans le passé l’implantation d’hôtels d’entreprises et de pépinières (dans une logique d’hébergement), puis d’incubateurs, les intercommunalités semblent privilégier désormais les espaces de coworking, qui représentent 94% des structures d’immobilier d’entreprise crées sur leur territoire au cours des cinq dernières années. 29% d’entre elles ont noué des partenariats avec des acteurs privés dans le cadre de ces espaces de travail. »

En bref, la convergence des attentes des travailleurs indépendants, des salariés et de leurs employeurs avec les politiques publiques locales semblent bien confirmer que tous les voyants sont au vert pour le développement des tiers-lieux/espaces de coworking en ce début d’année 2019 !

Dans un prochain article, j’évoquerai plus en détail les tendances en matière de concept et d’aménagement des espaces de coworking et vous parlerai des lieux qui m’inspirent. A bientôt !

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